Envie de découvrir les œuvres de street art réalisées pendant la pandémie de Covid et de comprendre ce qui a poussé les artistes à les créer ? Quand le monde s'est confiné en 2020, les artistes urbains sont sortis peindre les murs pour remercier, interpeller ou dénoncer. Voici un tour du monde de ces fresques, témoignages d'une époque hors norme.
- Pendant la pandémie de 2020 et 2021, le street art a réagi partout dans le monde.
- Beaucoup de fresques rendaient hommage aux soignants, alors en première ligne.
- Banksy a signé plusieurs œuvres marquantes, dont Game Changer pour un hôpital.
- D'autres jouaient l'humour, la critique politique ou la simple note d'espoir.
L'impact du street art

Avant de parler du Covid, rappelons pourquoi cet art compte. Le street art peut contester un fait, protester ou exprimer un désir. Avec un mur pour toile, les artistes remettent en question les normes de la société et touchent des milliers de personnes.
Ces fresques ne sont pas seulement agréables à regarder. Elles aident les communautés à construire leur identité et permettent de présenter une opinion au monde d'une manière difficile à ignorer, pour un coût minime. C'est ce pouvoir d'expression qui s'est exprimé pendant la pandémie.
Le street art pendant le confinement

Quand la pandémie a frappé le monde entier et forcé la quasi-totalité de la planète à se confiner, les street artistes se sont emparés de cette période pour s'exprimer, surtout au début de l'épidémie et lors du premier confinement. Ils se sont rendus dans de nombreuses villes pour transmettre des messages d'espoir, mais aussi de désespoir et de résilience.
La pandémie a été une véritable source d'inspiration. Les graffeurs se sont approprié les espaces publics durant cette période difficile, pour exprimer la beauté, le soutien et la révolte. Parmi les fresques apparues un peu partout, on a vu des visages masqués, des infirmiers et des personnages luttant contre le virus.
Banksy et le Covid
Banksy, artiste anonyme mondialement connu pour ses œuvres engagées, a signé plusieurs créations sur le sujet pendant la pandémie. On peut les retrouver sur sa page Instagram, où il revendique ses œuvres.
Game Changer n'est pas resté sur un mur. En mars 2021, Banksy l'a mise aux enchères chez Christie's, où elle s'est vendue près de 16,75 millions de livres, un record pour l'artiste à l'époque. La quasi-totalité des recettes est allée à une association caritative de l'hôpital de Southampton. Une reproduction est restée sur place. Une œuvre née d'un hommage aux soignants est ainsi devenue l'un des plus gros dons de l'histoire du street art.
Aachoo !

Cette peinture au pochoir montre une femme âgée qui éternue si fort qu'elle en perd son dentier, lâchant sa canne et son sac. Banksy l'a confirmée sur Instagram. Elle est apparue sur le flanc d'une maison de sa ville natale de Bristol, le 10 décembre 2020, dans la rue la plus pentue d'Angleterre, Vale Street.
If you don't mask, you don't get

Le 14 juillet 2020, Banksy a posté une vidéo le montrant peindre dans le métro londonien. Ses fameux rats au pochoir y éternuent, utilisent des masques comme parachutes et taguent son nom au gel désinfectant. Le message était clair : porter le masque dans les lieux publics pour ne pas propager le virus. Le réseau de transport a retiré l'œuvre.
Game Changer

Lors de la première vague, Banksy a offert cette œuvre à l'hôpital Southampton General Hospital, en mai 2020, avec un mot de remerciement aux soignants. Elle représente un jeune garçon qui a délaissé ses figurines de super-héros, visibles dans une corbeille, pour jouer avec une poupée d'infirmière en cape, seule tache de couleur d'une œuvre en noir et blanc.
My wife hates it when I work from home

Traduisible par "ma femme déteste quand je travaille à la maison", cette œuvre a été réalisée par Banksy chez lui le 15 avril 2020, en plein confinement. L'artiste a posté des photos de sa salle de bains envahie de rats au pochoir, chacun à sa tâche : ajuster un miroir, compter les jours sur le mur, jouer avec le papier toilette. Une mise en scène pleine d'humour sur l'enfermement.
Le street art et le coronavirus dans le monde entier
Berlin, Allemagne

Sur un mur de Berlin, l'artiste Eme Freethinker a représenté une célèbre créature de cinéma serrant un rouleau de papier toilette comme un trésor. Une manière de se moquer de la ruée sur le papier toilette au début de la crise.
Amsterdam, Pays-Bas

Le street artiste FAKE a peint "Super Nurse" dans les rues d'Amsterdam. On y voit une infirmière masquée arborant un logo de super-héros. Une œuvre qui remercie les professionnels de santé risquant leur vie pour lutter contre le virus.
Bryne, Norvège

Réalisée en mars 2020, l'œuvre "Lovers" de Pøbel met en scène un couple s'embrassant malgré des masques chirurgicaux. Une référence au Covid teintée de joie et de positivité.
Los Angeles, États-Unis

Pony Wave, tatoueuse et artiste d'origine russe, a peint cette fresque sur les murs de Venice Beach. Deux amoureux s'y embrassent, leurs masques recouverts de fleurs. Une autre œuvre de la ville, signée Hijack Art dans le quartier de Pico-Robertson, montre avec humour deux personnes désinfectant les lieux, sac à dos rempli de rouleaux de papier toilette à l'appui.
Essex, Angleterre

Dans l'œuvre "Cheers", l'artiste Gnasher a représenté un homme en combinaison et masque à gaz, une bière à la main. Un clin d'œil humoristique au nom partagé entre une célèbre marque de bière et le coronavirus.
Dublin, Irlande

Le collectif Subset a créé cette œuvre saisissante à Richmond Hill. Intitulée "Coronavirus, The Virus Era", elle représente un virus psychédélique aux multiples couleurs.
Ivry-sur-Seine, France

Le street artiste Christian Guémy, alias C215, a représenté un couple masqué qui s'embrasse. L'œuvre, "L'amour au temps du corona virus", se trouvait à un coin de rue d'Ivry-sur-Seine avant d'être retirée. L'artiste en a vendu un tirage d'art au profit de la fondation Hôpitaux de France.
Melbourne, Australie

À Melbourne, cette œuvre représente un infirmier portant la Terre sur ses épaules, des ailes d'ange déployées dans son dos. Un hommage appuyé au personnel hospitalier et à son travail durant la pandémie.
Oufa, Russie

Face à l'hôpital de Kuvatov, cette peinture montre un gros virus violet hurlant sur une infirmière. Une image forte, placée là où le personnel soignant pouvait la voir chaque jour.
Depok, Indonésie

Les artistes Yaya et Tio ont réalisé une grande fresque où un agent pathogène géant envahit la ville. Une représentation spectaculaire de la menace qui pesait alors sur le monde.
Barcelone, Espagne

L'œuvre de TV Boy, intitulée "I Want To Stay Home", représente une figure masquée de la propagande américaine pointant le public du doigt. Selon l'artiste, l'œuvre critique la gestion tardive de la crise par le président américain de l'époque.
Londres, Angleterre

Lionel Stanhope a réalisé "Le Souper à Emmaüs", une reprise de l'œuvre du Caravage où il a ajouté des gants de protection. La fresque se trouve près du St Thomas's Hospital, où le Premier ministre britannique avait été hospitalisé. Le même artiste a signé, sous un pont près de la gare de Waterloo, un autre hommage aux soignants.
Itu, Brésil

Près de São Paulo, le célèbre artiste Eduardo Kobra a peint "Coexistence", une œuvre montrant des enfants masqués portant des symboles de différentes religions. Un message d'unité et de tolérance face à une épreuve commune à toute l'humanité.
Tes questions sur le street art et le Covid
Pourquoi tant de fresques sont-elles nées pendant la pandémie ?›
Quelle est l'œuvre Covid la plus célèbre de Banksy ?›
Ces fresques sont-elles encore visibles ?›
Observe autour de toi
Ces œuvres, parmi les plus médiatisées, ne sont qu'un aperçu. La pandémie a inspiré des milliers de fresques à travers le monde, et en te baladant, tu croises peut-être encore des traces de cette période sur les murs. Si l'art urbain engagé te parle, découvre les reproductions de Banksy dans notre collection dédiée.







